ANTOON DE LAAT

VENDREDI 13 MARS, 14H00

___________________________

CV:

Le Professeur Antoon DE LAAT, DDS, PhD, est responsable de la Clinique pour les Troubles Temporo-mandibulaires, mais aussi de l’enseignement de la physiologie et de la physiopathologie orales dans le département des sciences de la santé orale de l’Université Catholique de Leuven, en Belgique. Il est en charge des troubles temporo-mandibulaires et de la douleur oro-faciale à temps plein. Son travail scientifique l’a conduit à écrire plus de 200 articles et résumés. Il a donné des conférences dans toute l’Europe, l’Amérique du Nord et du Sud, le Moyen et l’Extrême-Orient. Le Professeur De Laat a été coordinateur associé du Journal of Orofacial Pain, de l’European Journal of Oral Sciences et du European Journal of Pain. Il est ancien président du groupe IADR / Neuroscience, de l’European Academy of Craniomandibular Disorders, et de la Société belge de la douleur. Il est aussi président fondateur du groupe d’intérêt spécial sur la douleur oro-faciale de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP) où il a siégé au Conseil d’administration et dont il a présidé le comité de recherche. Il est conservateur de la Société de Physiologie Orale et président de la Leuven Dental Alumni Society. Ses domaines de recherche sont la neurophysiologie du trijumeau, les réflexes de la mâchoire, la douleur orofaciale et les tests sensoriels quantitatifs. En 2009, il a reçu un doctorat honoris causa à l’Université d’Aalborg, au Danemark. Depuis 2011, il est directeur du département dentaire de l’hôpital universitaire de Leuven.

___________________________

Résumé de son intervention:

De nombreuses études longitudinales sur l’évolution naturelle des dysfonctionnements temporo-mandibulaires ont illustré l’évolution bénigne de la plupart des symptômes de douleur et de dysfonction, y compris dans le cas de problèmes irréversibles d’ordre mécanique comme un déplacement discal antérieur non réductible. Ces résultats renforcent l’approche générale d’une prise en charge réversible, non-invasive et faiblement technologique. Cependant, quelques questions persistent, dans la mesure où le pronosticpourrait varier comme dans le cas de maladies systémiques sous-jacentes (par exemple, une arthrite rhumatoïde) ou dans le cas de facteurs de risques qui pourraient prédisposer au développement d’une maladie chronique. De récentes études prospectives commele projet OPPERA ont davantage mis en lumière ces facteurs de risques qui doivent être pris en compte pour chaque nouveau patient. L’opportunité de “sortir du lot” les patients qui sont davantage à risques de développer des problèmes à long terme va soutenir une stratification plus optimale du protocole de prise en charge. 

Afin de soutenir l’évolution naturelle bénigne, il est de la plus haute importance d’impliquer le patient dans une prise de décision partagée, en lui expliquant son rôle crucial dans le soutien du processus de santé, augmentant ainsi alliance thérapeutique et par voie de conséquence renforçant la compliance. Ces facteurs, précédemment catalogués comme “ effets placebo positifs” sont progressivement mieux compris comme faisant partie de la physiologie soutenant la perception de la douleur et la santé, et devraient donc être considérés comme des moyens d’action importants dans la prise en charge de chaque patient.

___________________________

Références bibliographiques:

  1. Manfredini D, Favero L., Gregorini G, Cocilovo F, Guarda-Nardini L.Natural course of temporomandibular disorders with low pain-related impairment: a 2-to 3-year follow-up study. J Oral Rehabil. 2013;40 : 436-442.
  2. Glerup M, Stoustrup P, Hauge L, Rypdal V, nordal E et al. Long-term outcomes of temporomandibular joints inJuvenile Idiopatihic Arthritis. J Rheumatol 2019; DOI 10.3899/jrheum.190231Litt MD, Porto FB. Determinants of pain treatment response and nonresponse: identification of TMD patient subgroups. J of Pain 2013; 14 : 1502-1513.
  3. Meloto CB, Slade GD, Lichtenwalter RN, Bair E, Rathnayaka N, Diatchenko L, Greenspan JD, Maixner W, Fillingim RB, Ohrbach R. Clinical predictors of persistent temporomandibular disorder in people with first-onset temporomandibular disorder. JADA 2019; 150 : 572-581. 
  4. Clark J, Nijs J, Yeowell G, Goodwin PC. What are the predictors of altered central pain modulation in chronic musculoskeletal pain populations ? A systematic review. Pain Physician 2017; 20 : 487-500.
  5. Sanders C, Dougall AL, Haggard R, Buschang P, Karbowski S, Riggs R, Gatchel R. TMD diagnostic groups affect outcomes independently of treatment in patients at-risk for developing chronicity: a two-year follow-up study. J Oral Facial Pain Headache 2016; 30 : 187-202. 
  6. Porporatti AL, Costa YM, Reus JC, Stuginski-Barbosa J, Conti PCR, Velly AM, De Luca Canto G. Placebo and nocebo response magnitude on temporomandibular disorder-related pain : a systematic review and meta-analysis. J Oral Rehabil 2019; 46 : 862-882.