Bernard FLEITER

VENDREDI 24 MARS 09H00

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CV:

Docteur en Chirurgie Dentaire 

Maître de Conférences des Universités –Université de Paris –

Praticien Hospitalier, Faculté de Chirurgie Dentaire, Université Paris René Descartes

Responsable de la consultation de prise en charge de la douleur et troublesfonctionnels orofaciaux – Hôpital Charles Foix Ivry sur Seine

Ancien Président du Collège National d’Occlusodontologie (CNO)

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Titre de la conférence

Manducation et douleurs

L’appareil manducateur est impliqué dans de nombreuses fonctions : la respiration, la déglutition, la mastication/la succion, l’expression verbale et non-verbale (mimiques) et enfin des mécanismes protecteurs tels le vomissement, la toux, la prévention des fausses routes, …  De plus, certaines de ces activités nécessitent d’être bien coordonnées notamment lors du comportement alimentaire (ex : coordination mastication/déglutition, déglutition/respiration). A priori, il existe une hiérarchie fonctionnelle entre ces activités où certaines sont prioritaires notamment la respiration et sa coordination avec la déglutition.

Selon son intensité, la douleur chronique des dysfonctionnements temporo-mandibulaires ainsi que le stress psychique perturbent plus ou moins ces fonctions. Ceci requiert des adaptations sensorimotrices qui malgré la douleur permettent d’assurer ces fonctions.

  • Mastication : diminution de l’aptitude – ability (évaluation subjective) et la capacité – capacity (évaluation objective)
  • Augmentation de la prévalence de la déglutition primaire (dite dysfonctionnelle ou immature) voire dysphagie et fausses routes (plus rarement).
  • Modification du comportement alimentaire (adaptation du régime, voire modifications pondérales)
  • Modification des expressions verbales/non verbales (comportement douloureux)

En présence de douleur chronique dans les DTM, les réponses des réflexes trigéminaux peuvent être déficitaires ce qui signerait une défaillance des régulations sensorimotrices. Celles-ci pourraient être responsables des (mal)adaptions fonctionnelle décrites ci-dessus chez ces patients. Ces adaptations seraient soumises à divers impératifs : assurer la fonction tout en respectant la hiérarchie fonctionnelle (prééminence de la respiration) et minimiser la douleur. Actuellement, on ne connaît pas l’origine cérébrale/cérébelleuse du déficit de ces régulations.

La réhabilitation fonctionnelle vise la récupération de ces fonctions sans doute en améliorant l’efficacité des régulations sensorimotrices défaillantes (importance de la régularité du rythme des répétitions des mouvements ?) et en favorisant la plasticité corticale adaptative – bénéfique (réalisé en l’absence de douleur et avec concentration – rôle de la cognition et en observant les mouvements devant un miroir).

Michelotti A, Rongo R, D’Antò V, Bucci R. Occlusion, orthodontics, and temporomandibular disorders: Cutting edge of the current evidence. J World Fed Orthod. 2020 Oct;9(3S):S15-S18. doi: 10.1016/j.ejwf.2020.08.003

Kumar A, Kothari M, Grigoriadis A, Trulsson M, Svensson P. Bite or brain: Implication of sensorimotor regulation and neuroplasticity in oral rehabilitation procedures. J Oral Rehabil. 2018 Apr;45(4):323-333. doi: 10.1111/joor.12603