Jean-Arthur MICOULAUD-FRANCHI

 

Jean-Arthur MICOULAUD FRANCHI est psychiatre, neurophysiologiste et médecin du sommeil. Il exerce comme MCU-PH au sein de la clinique du sommeil du service d’explorations fonctionnelles du système nerveux au CHU de Bordeaux. Il travail sur les liens entre biomarqueurs neurophysiologiques et dimensions symptomatiques dans les troubles neuropsychiatriques. Son travail concerne aussi les conditions épistémologiques de délimitations du normal et du pathologique en médecine et la place de la physiologie dans ce processus.

 

Résumé de son intervention:

Le sommeil « normal » est une fonction physiologique essentielle du maintien de l’homéostasie du corps humain, c’est à dire de la régulation optimale de son milieu intérieur. Depuis, Claude Bernard, et son maitre François Magendie, la constitution de la science physiologique a été essentielle dans l’abord des pathologies, de leurs pronostics et de leurs thérapeutiques suivant une vision unificatrice. La physiologie est ainsi la condition d’une véritable médecine scientifique. Mais peut on poser la limite du normal et du pathologie en médecine du sommeil à partir du seul point de vue physiologique ? Comment est distingué ce qui est appelé un « sommeil normal », d’un « sommeil pathologique »? L’objectif de cette présentation est d’apporter les clés pour répondre à ces questions. Il sera montré que la plainte somnologique, plus que les altérations neurophysiologiques constituent l’élément central des classifications nosographiques des pathologies du sommeil. Par ailleurs, il sera souligné que la notion d’étiologie devra être repensée dans la mesure où la distinction entre forme primaire (par exemple trouble insomnie primaire) et secondaire (trouble insomnie secondaire à un trouble dépressif caractérisé) n’existe pas dans ces classifications. Cette présentation permettra alors de repositionner la notion de syndrome, de forme clinique (pertinentes d’un point de vue physiologique, pronostique ou thérapeutique), de comorbidité associé ou non, et enfin d’approche transversale comme des éléments centraux dans le raisonnement clinique somnologique. Enfin il sera souligné l’importance de considérer les examens paracliniques du sommeil comme des examens électro-cliniques dont les résultats sont à confronter à la clinique qui ne peuvent conduire seuls à un diagnostic de pathologie du sommeil. Ces examens fournissent des indices spécifiques sur la physiologie du sommeil (indépendant de la notion de normal et pathologique) qui confrontés à la sémiologie clinique, aux contextes, aux comorbidités pourront conduire à un diagnostic de sommeil « pathologique ».

Références

American Academy of Sleep Medicine, Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil. Classification Internationale des Pathologies du Sommeil, 3ème version2014.

Association of Sleep Disorders Centers, Association for the Psychophysiological Study of Sleep. Diagnostic classification of sleep and arousal disorders. Sleep 1979;2:1-154.

Micoulaud Franchi JA, Amad A, Geoffroy PA, et al. Les complaintes du carabin. Modèle pour un raisonnement clinique pratique. Annales Medico Psychologiques 2016;174:703-13.

Micoulaud Franchi JA, Dumas G, Quiles C, et al. De la clinique au « terrain fétide et palpitant de la vie » : une mise en perspective psychiatrique de la physiologie clinique. Annales Medico Psychologiques 2017;175:70-85.